Comment éviter de gravir la mauvaise échelle en coaching stratégique
Dans la pratique du coaching, il arrive que les efforts les plus sincères ne produisent pas les résultats escomptés. Le coach et son client peuvent travailler dur, mais avoir l'impression de stagner ou de s'épuiser.
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Comment éviter de gravir la mauvaise échelle en coaching stratégique
Dans la pratique du coaching, il arrive que les efforts les plus sincères ne produisent pas les résultats escomptés. Le coach et son client peuvent travailler dur, mais avoir l'impression de stagner ou de s'épuiser. Cette frustration trouve souvent sa source dans une erreur fondamentale : s'acharner à résoudre le mauvais problème.
Cette situation, souvent illustrée par l'image d'une échelle appuyée contre le mauvais mur, est un piège courant en leadership et en développement personnel. Elle survient lorsque l'on se concentre sur l'efficacité (gravir l'échelle rapidement) au détriment de l'efficience (s'assurer que l'échelle est contre le bon mur). Explorons comment identifier ce piège et réorienter l'énergie vers ce qui compte vraiment.
Le piège de l'efficacité sans direction
Le syndrome de "l'échelle contre le mauvais mur" décrit une situation où l'on déploie une énergie considérable pour atteindre un objectif, sans avoir préalablement vérifié si cet objectif est le bon. En coaching stratégique, cela se traduit par des séances centrées sur le "comment" (les tactiques, les actions) en négligeant le "pourquoi" (la finalité, l'alignement). Le client peut ainsi développer des compétences pointues pour un poste qu'il ne souhaite plus occuper, ou s'épuiser à améliorer un processus qui ne sert plus la vision globale de l'entreprise.
Un dirigeant, par exemple, peut consacrer des mois à optimiser la productivité de son équipe avec son coach, en utilisant les meilleures méthodologies de gestion du temps. Pourtant, le vrai blocage n'est pas la productivité, mais un manque de clarté sur la stratégie départementale qui démotive profondément les collaborateurs. L'échelle (les techniques de productivité) est solide, mais elle est appuyée contre le mauvais mur (le symptôme plutôt que la cause racine). Le rôle crucial du coach est d'aider à prendre du recul pour examiner non seulement la progression sur l'échelle, mais surtout le mur contre lequel elle est adossée.
Cette confusion entre l'effort et la direction est alimentée par notre tendance naturelle à l'action. Il est souvent plus rassurant de "faire quelque chose", même si c'est inefficace, que de faire une pause pour questionner la pertinence de l'objectif lui-même. Le coaching stratégique brise ce biais en introduisant des moments délibérés de réflexion et de remise en question, avant toute planification d'action.
Réorienter la pratique vers l'essentiel
La première étape pour éviter ce piège est d'instaurer une routine de "vérification du mur". En début d'accompagnement, et à intervalles réguliers, le coach doit faciliter un dialogue stratégique qui dépasse les objectifs opérationnels. Posez des questions puissantes comme : "Si vous atteigniez cet objectif parfaitement, quel problème plus profond serait résolu ?" ou "En regardant cinq ans en arrière, cet objectif vous semblera-t-il avoir été le bon investissement de votre énergie ?". Ces questions aident à distinguer les objectifs de surface des véritables aspirations de transformation.
Ensuite, travaillez à clarifier la vision avant de définir les actions. Un outil simple et efficace est la cartographie des conséquences. Demandez à votre client de décrire l'état idéal qu'il souhaite atteindre (le "bon mur") avec le plus de détails sensoriels possible. Puis, explorez avec lui les différentes "échelles" possibles pour y parvenir. Cette approche inverse la logique habituelle qui consiste à choisir une méthode (l'échelle) avant d'être certain du but. Par exemple, un client souhaitant "devenir un meilleur manager" devra d'abord définir ce que "meilleur" signifie concrètement pour son équipe et son organisation : est-ce une question de rétention, d'innovation, de bien-être ?
Enfin, intégrez des boucles de feedback courtes pour tester l'alignement. Encouragez votre client à mettre en place des expériences à petite échelle, des prototypes, pour valider que la direction prise produit bien les effets escomptés sur le problème central. Si un leader pense que son mur est "d'améliorer la communication interne", il peut tester une nouvelle pratique lors d'une réunion pilote et évaluer son impact réel sur la collaboration, avant de déployer un plan de formation complet. Cette agilité permet de rectifier le tir rapidement si l'on s'aperçoit que l'effort ne touche pas le cœur du sujet.
Takeaway
À retenir :
- ✅ L'efficacité (gravir l'échelle vite) est inutile sans l'efficience (être contre le bon mur). La première mission du coaching stratégique est de garantir l'alignement sur la bonne direction.
- ✅ Le piège vient de notre biais pour l'action. Il faut instituer des pauses stratégiques dédiées à questionner le "pourquoi" avant de se précipiter sur le "comment".
- 🎯 Action concrète : Lors de votre prochaine séance, consacrez les 10 premières minutes à cette question : "Si nous réussissions parfaitement sur le sujet prévu, à quel problème fondamental et désirable cela contribuerait-il ?"
Conclusion
Le plus grand levier en coaching stratégique n'est pas d'aider à courir plus vite, mais à s'assurer que la course a lieu dans la bonne direction. En cultivant l'art de questionner la pertinence des objectifs avant leur exécution, vous transformez votre pratique d'un simple soutien à l'action en un véritable partenariat pour l'impact durable. La clé réside dans le courage de déplacer l'échelle, même après y avoir déjà gravi quelques barreaux.
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