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Leadership stratégique : faire les bonnes choses plutôt que bien faire les choses

La célèbre distinction de Peter Drucker et Warren Bennis entre management et leadership est bien plus qu'une simple formule. Elle touche au cœur de l'efficacité personnelle et collective.

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Leadership stratégique : faire les bonnes choses plutôt que bien faire les choses

Leadership stratégique : faire les bonnes choses plutôt que bien faire les choses

La célèbre distinction de Peter Drucker et Warren Bennis entre management et leadership est bien plus qu'une simple formule. Elle touche au cœur de l'efficacité personnelle et collective. Pour un coach, comprendre cette nuance est fondamental pour accompagner les dirigeants et managers vers une plus grande performance et un impact durable.

Cette distinction est cruciale car elle définit deux postures complémentaires mais distinctes. Le risque pour un leader est de rester prisonnier de l'opérationnel, de "bien faire" des tâches qui, en réalité, ne servent pas la bonne direction. Le coaching professionnel aide précisément à clarifier cette différence et à opérer le passage de l'une à l'autre.

Explorons comment intégrer ce principe dans votre pratique pour transformer l'efficacité de vos clients.

La distinction fondamentale entre efficacité et efficience

La phrase de Drucker et Bennis résume une idée puissante : le management concerne l'efficience ("faire les choses bien"), c'est-à-dire l'optimisation des processus, des ressources et des méthodes pour atteindre un objectif donné avec le minimum de gaspillage. C'est le domaine du contrôle, de la planification et de l'organisation. Un manager excelle lorsqu'il fait fonctionner une machine bien huilée.

Le leadership, en revanche, relève de l'efficacité ("faire les bonnes choses"). Il s'agit de la capacité à définir la vision, à choisir les bons objectifs stratégiques et à inspirer les autres pour les atteindre. C'est une question de direction, de sens et d'impact. Par exemple, un manager peut superbement organiser la production d'un produit que personne ne veut acheter. Il fait les choses bien, mais pas la bonne chose. Le leader, lui, questionne en amont la pertinence même du produit sur le marché.

Dans le contexte du coaching, cette distinction aide à diagnostiquer rapidement où se situe la difficulté d'un client. Est-il bloqué dans l'exécution (le "comment" faire) ou dans la définition de sa direction (le "quoi" et le "pourquoi") ? Un dirigeant qui se sent submergé par le quotidien a souvent besoin de recentrage sur le leadership, pour déléguer le management et se concentrer sur la stratégie.

Comment intégrer ce principe dans votre pratique de coaching ?

La première étape est d'aider votre client à faire son propre diagnostic. Posez des questions puissantes qui distinguent les deux registres. "Sur quoi passez-vous 80% de votre temps actuellement : à définir la direction ou à gérer l'exécution ?" ou "Si vous deviez arrêter trois activités cette semaine, lesquelles libéreraient le plus d'énergie pour la stratégie ?". Ces questions invitent à une prise de conscience immédiate du déséquilibre potentiel.

Ensuite, co-créez des mécanismes de protection du temps dédié au leadership. Pour un client dirigeant, cela peut signifier bloquer dans son agenda des plages "stratégiques" intangibles, dédiées à la réflexion, à la vision et aux relations clés, à l'abri des urgences opérationnelles. Le coach peut jouer le rôle de gardien de ce temps, en rappelant régulièrement son importance lors des séances. Un exercice concret consiste à lister toutes ses activités et à les catégoriser en "Management" (faire bien) et "Leadership" (faire les bonnes choses), puis à mesurer le temps alloué à chaque catégorie.

Enfin, accompagnez le développement d'une posture de leader-stratège. Cela passe par le renforcement de compétences spécifiques : la capacité à prendre du recul, à tolérer l'ambiguïté des décisions stratégiques, à communiquer une vision inspirante plutôt que des instructions détaillées, et à construire une équipe de confiance capable de prendre en charge le management opérationnel. Le coach peut utiliser des mises en situation, des jeux de rôle ou des analyses de cas pour renforcer ces muscles stratégiques souvent sous-utilisés.

Takeaway

À retenir :

  • ✅ Le management optimise l'exécution ("faire bien les choses"), tandis que le leadership définit la direction ("faire les bonnes choses"). Ce sont deux compétences complémentaires mais distinctes.
  • ✅ Un déséquilibre vers le management opérationnel est un piège courant pour les dirigeants, qui les éloigne de leur impact stratégique et les épuise.
  • 🎯 Action concrète : Lors de votre prochaine séance, proposez à votre client l'exercice du "partage du temps". Demandez-lui d'évaluer, sur sa semaine dernière, le pourcentage de temps consacré à des activités de "leadership" (vision, stratégie, développement des talents) versus de "management" (contrôle, processus, résolution de problèmes opérationnels). Ce simple diagnostic ouvre la voie à un rééquilibrage conscient.

Conclusion

Intégrer la distinction de Drucker et Bennis dans votre boîte à outils de coach offre une grille de lecture immédiatement utile pour vos clients leaders. Elle permet de clarifier les sources de surcharge, de redonner du sens à leur fonction et d'augmenter radicalement leur impact. En les aidant à passer de "faire bien beaucoup de choses" à "faire les quelques bonnes choses exceptionnellement bien", vous les accompagnez vers une performance plus sereine et durable. Votre rôle est de les garder focalisés sur l'essentiel : la direction, avant la vitesse.

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